11/22/2017

Chut !

Taisez-vous, j'écoute.
Taisez-vous je n'écoute pas.
ça marche dans les deux cas.
dans les deux cas taisez-vous.

11/20/2017

J'ai perdu mais j'ai gagné

Au fond des fossés froids, le soleil noir des dernières mûres pour les turdidés affamés. Je défie le ciel à la course jusqu'à la charogne brillante du renard. J'ai perdu mais j'ai gagné. Flamme ou glace au final la brûlure reste la brûlure.

Livres à vous - Voiron - du 23 au 26 Novembre


Invité par l'amie Cécile Coulon que je remercie d'avance, je serai du 23 au 26 Novembre à Voiron pour le Festival Livres à Vous. Une tripotée de rencontres et de moments de partage au milieu d'une tripotée de bons auteurs et d'organisateurs sympas je suis sûr que ça fera une tripotée de bons souvenirs. Tous les détails sont là  :  Livres à vous

Vendredi  24 Novembre :

Rencontres scolaires toute la journée

Samedi 25 Novembre :

- de 10h00 à 12h00 Rencontre/discussion sur le thème du refuge  animée par Dominique Osmont  - Le Grand Angle  Atelier D (Maison des associations - Voiron
            
- à 14 h Lecture musicale Le camp des autres, avec  Sébastien Mercier (professeur de clarinette au conservatoire de Voiron) Dans le cadre des Autok’art - Bus n°2 (espace Maurice Berthet - Saint-Cassien)

Dimanche 26 Novembre : 

de 10h30 à 17h  :  Rencontre/signature sur le salon



11/18/2017

Pas besoin de me remercier, c'est cadeau !

Le jour est dur
impossible à tartiner

Le miel a toujours raison

Je trempe ma banane 
dans ton café brûlant





11/15/2017

OrelSan - Tout va bien [CLIP OFFICIEL]

Les grands rires d'ombre au fond du ciel

Un pur bleu clair de novembre. Absolument rincé et lessivé par le grand vent. La lumière toute crue. Pointue. Aiguisée. Les bourrasques de feuilles de vignes. Le dos rond des corbeaux sur les branches. Silhouettes râleuses. Nous nous traînons sur la terre glacée. Souffle à sculpter. Au dessus de nos têtes les grandes vagues décoiffantes des étourneaux. Je ne vois pas que de la danse dans ces murmurations. La grâce de ces mouvements. Je vois de l'insolence. Du plaisir. De l'espièglerie. J'en suis sûr, les oiseaux s'amusent.

11/13/2017

Abraham afewerki

Huile de coco

Avant qu'ils n'arrivent je t'ai demandé de quoi est ce que j'allais bien pouvoir discuter. Avec toutes ces barrières, leurs langues, leurs histoires, leurs traumatismes. Tu m'as répondu de ne pas m'inquièter. Ce qu'ils aiment c'est être ensemble, avec nous, à partager un moment simple. Libre. Loin de leur centre. En paix. Bien sûr nos enfants ne se sont pas posés toutes ces questions. Ils n'ont pas cessé de rire avec eux. Ils jouaient avec les gosses ou le chien. Peu de mots. Un peu français, un peu anglais, un peu tigrinien. On a écouté des morceaux de Damso et de chansons d'amour d'Erythrée. Je l'ai écrit pour m'en souvenir. Abraham Afewerki. On a fumé des clopes au soleil, mangé des chips sur le canapé, pianoté nos téléphones devant la cheminée. Gaspard s'est badigeonné les cheveux d'huile de coco. Tu leur avais concocté un plat de là bas. Ils n'ont pas cessé de sourire. Le lendemain, salade no malade. Ma bouche en feu à cause du piment. J'ai chargé leurs cartes mémoire de jazz, de rap et de bob Marley. Tu as préparé des petits paquets. Des barrières, ils en ont déjà tant dépassés. C'est à nous maintenant. Grâce à toi nous étions tous si fier et si heureux. C'est tellement simple parfois de s'agrandir un peu. 


(* à Emilie, Gaspard, Joseph, Philémon et Merawi)

11/07/2017

Rencontre Librairies - 8 Novembre Marseille - 9 Novembre Puteaux

 
 
Demain et aprés demain je mettrai mon plus beau costume pour venir parler avec vous du camp des autres, rendez vous Mercredi à la librairie du Prado Paradis de Marseille, et Jeudi à la librairie L'Amandier de Puteaux
 

8 novembre à 18h30 : rencontre avec T. Vinau à la librairie Prado Paradis de Marseille (13)
 
 
 
9 novembre à 19h : rencontre avec T. Vinau à la librairie L’Amandier de Puteaux (92)

11/04/2017

Cédric Herrou : "les cris d’hommes armés contre des ombres en sandales"

"Il est minuit, Tchen le gros chien noir aboie, les oies criaillent.
Les animaux comme les Hommes sont apeurés par les cris d’hommes armés.
Ils coursent et interpellent d’autres Hommes munis de simples sandales de plastique.
Des lampes puissantes transpercent violemment le silence de la nuit.
Les Hommes en sandales sont arrêtés, bloqués par un ravin trop abrupte pour sauter.
Pour identifier les proies pas besoin de regarder leurs pieds, leur visage suffit.
La noirceur de leur peau les rend coupables.
Pourtant ailleurs dans d’autres villes personne ne les regarde.
Ils sont noirs et discrets comme des ombres.
Qui regarde les ombres ? Personne.
Dans la Roya on les traque.
Les ombres ont fait de la Roya un État assiégé par des hommes armés.
Ils sont là pour elles, contre elles.
Ici dans la Roya chaque noir est arrêté, contrôlé, tutoyé.
Les ombres sont devenues des choses, des choses à évacuer.
Ici le droit ne s’applique pas aux ombres.
(...)"

Cédric Herrou : les cris d’hommes armés contre des ombres en sandales

Interstice

Le jour 
murmure à peine 
entre le mur et le volet
On peut 
commencer à vivre 
comme la cymbalaire
dans un rayonnement
d'interstice
ensuite il suffira 
de se jeter  
par le grand blanc
 de la fenêtre
et de naître
parmi les ruines

11/02/2017

Biga*Ranx - Liquid Sunshine

50x70

Si je commence de bas en haut, la poussière sablée du sol. Les délavés de brique des carreaux de la terrasse. Le chêne clair d'une planche, le gris terne d'un parpaing et celui plus brillant des pierres. La rouille polychrome d'un vieux coffre, le beige des brins d'herbe brûlée. La peau presque mauve la chair presque rose des éclats d'écorces de pin et de mélèze. Le jaune pâle et le sang clair des dernières feuilles de vigne. Le marron et l'argile des pots. Le vert chocolat d'une menthe. Le bleu argenté d'un pieds de lavande en bataille. Plusieurs brun du tas de rondins trop secs. Le tableau est coupé sur sa droite par l'aplat ocre rosé du crépis du mur. Et puis la gamme des verts. Vert blanc du lierre. Céladon transparent des pourpiers. Celui plus vif et profond du thuya parsemé de cones  chaudrons et agité de temps en temps par ce dégradé de noir qui contient tous les reflets et dont sont fait les plumes d'une mésange. Le vert un peu passé aussi, usé et sale de la haie en arrière plan dont le soleil de ce premier matin de novembre dore doucement la partie supérieur. Le frémissement cendré des battements d'ailes d'étourneaux venus là se réchauffer. Enfin, l'aplat bleu-crème du ciel épais qui peerce à travers les branche et dégouline du sommet du cadre. Combien de couleurs, de matières, de formes et de sensations se tiennent ensemble à travers le simple espace d'une fenêtre dans un unique instant ? Le monde est impossible à épuiser.

parce que la vie ... Arthur Cravan

"Je voudrais être à Vienne et à Calcutta, Prendre tous les trains et tous les navires, Forniquer toutes les femmes et baffrer tous les plats, Mondain, chimiste, putain, ivrogne, musicien, Ouvrier, peintre, acrobate, acteur… : Je suis toutes les choses, tous les hommes et tous les animaux !"
"moi à qui il suffit d’un air de violon pour me donner la rage de vivre; moi qui pourrais me tuer de plaisir; mourir d’amour pour toutes les femmes; qui pleure toutes les villes, je suis ici, parce que la vie n’a pas de solution".

11/01/2017

Dans n'importe quelle jungle

Dans n'importe quelle jungle
celle de ton ventre
celle des ombres
doit exister cet instant
où tout se tait
Dans le champ de mine
des étoiles
de tes pensées
doit exister ce moment
couleur d'aube
où l'on ramasse les blessés
un cessez-le-feu
une promesse dorée
jamais tenue
de paix

10/29/2017

Façonner


Il étale
des outils abîmés
sur une table de nuit
Dépli doucement
la peine de ses gestes
Mélange les coups 
et les caresses
Petit à petit
de la rouille terne
à la patine éclatante 
de douleur
il se confectionne
jusqu'aux autres

10/26/2017

Le bonbon gris

Ne pas trop regarder. Ne pas trop renoncer à regarder non plus. le soleil fait briller les murs sur Paname. Casque sur les oreilles se durcir le ventre. Paris est un muscle et j'ai des crampes. Le premier clodo a de la chance. Une clope pour le second. A partir du troisième j'en n'ai plus rien à foutre. Je monte le son. Je mange. Lourdeur spiralée pour le jeune renoi là bas qui n'arrive pas à se relever, je parie méthadone. Elle, c'est une guerrière j'en suis sûr. Ce vieillard est un roi. Celui là est infâme. Les deux tremblent. Quand les pigeons s'envolent on dirait que le ciel éclate. La ville est belle, sauvage, impitoyable. La bête et moi on se regarde dans les yeux le temps d'un matin clair et puis je retourne dans mon terrier. Elle gagne toujours et de toute façon j'ai les pattes de rêves de mes mômes à nettoyer. Mais je veille à garder le plus longtemps possible son goût âcre de bonbon gris dans la bouche. Douceur de l'amertume.