9/28/2016

Du Feu




La peine
et la compassion
nous prennent
des forces

l'indignation en rend

Nous finirons
par faire du feu
avec nos larmes

9/23/2016

Samedi 24 Septembre - Librairie Lucioles - à Vienne

On se retrouve dans l'aprés midi du Samedi 24 Septembre à Vienne 
pour fêter l'anniversaire de la Librairie Lucioles

au Temple d'Auguste et de Livie
 ou je lirai une poignée de mes Clochards célestes

9/21/2016

La portée

Les mots reviennent tout doucement, à pas de loup, comme ces bêtes qui  n'ont jamais vraiment été apprivoisées. Il faut y aller mollo, en s'accrochant aux choses simples, en nommant la proximité. Le grincement du volet vert, le froid qui s'accroche aux chevilles, le jour sur lequel on ne peut pas compter, le chien louvoyant, les miettes sur la table, le pot de confiture vide, le café trés noir, trés chaud. Les premiers gestes comme les premiers mots, tatonnent dans l'habitude. Le ronron des voitures au loin coule comme de l'eau claire. Les oiseaux pointillent la lumière. Les arbres étirent la grisaille. Un enfant pleure. Un réveil sonne. C'est la douleur ou le besoin qui nous réveillent. Ce qui finit par revenir au même. On revient au même tout doucement. C'est une chance. On caresse la rouille. On fait ce qu'on à faire. On porte ce qu'on a à porter. Charge, jour, minot, ou mot.

9/20/2016

Amy - extrait des ... Doux Récalcitrants de la Farce (Clochards célestes II) (en cours d'écriture)

























 Amy c'est un camion dans une patisserie
un macaron de vide
une ambulance qui tire sur la nuit
le moineau cassé qui tient le fusil
tout le monde est d'accord pour aimer Amy
maintenant qu'elle est morte
savez vous comme c'est dur de sauver un oiseau ?
parfois le ciel a les dents qui poussent
la grâce est minable
le rimel crado
ce goût de poussière de fer sur la langue
et l'air dur comme du ciment sale
parfois rien ne se lève
et le jour chancèle
comme un poivrot
c'est Amy qui lui a mit une cuite
qui nous met une valse
qui tient toute entière notre peine
dans sa bouche


Amy Winehouse (1983_2011) - extrait des ... Doux Récalcitrants de la Farce
(Clochards célestes II) 
en cours d'écriture

9/19/2016

Copain copain


Marcher couché
Parler tout bas
Contempler le vide
lui trouver 
son petit quelque chose

9/18/2016

Le monde, à la main



( Haruhi Fujii - Flower in mind, 2000)



 Les peintres ont leurs obsessions

ils refont des milliers de fois
leur ciel leur rocher leur cul
jour après jour 
ils s'efforcent de fabriquer 
leur ciel leur rocher leur cul
leur tâche est immense 
âpre ingrate 
perdue d'avance
parfois
ils finissent par atteindre
autre chose

9/17/2016

Can't Turn You Loose - Otis Redding

Toi et eux

à la nuit tombée
pendant que les feuillages
racontaient leurs ombres chinoises
dans les lueurs de la pleine lune
un peu comme une photo
d'Emile Savitri 
raconte la clarté 
qu'une femme transporte 
dans son obscurité
je fumais tout en repensant
à quel point agir pour les autres
te rendait doucement belle
à peu près autant 
que les rendaient laids
leurs façons de penser 
pour eux-même

9/16/2016

L'unanimité


Est-ce que le flot
d'un fleuve furieux
après l'orage
est foule aveugle
prête à lyncher
la moindre larme 
?

Est-ce que pisser
chaud
sur la neige 
froide
c'est résister 
?

Est-ce que les poules
sont les loups
des vernisseaux 
?

Est-ce que je vais faire
un bon statut facebook
avec ce poème
en forme de questions
?

L'oiseau et l'ange cassé


"(...). Bird jouait à la perfection, et même s'il sniffait des cuillérées d'héro et engloutissait des litres de Henessy, tout cela semblait n'avoir pas ou peu d'effet sur lui. J'étais émerveillé par son énergie. Il me traitait comme un fils, chassant tous les types qui essayaient de me refiler de la came. Entre les sets, je le conduisait à un petit restaurant de tacos situé à quelques rue de là, et il avalait une douzaine de Tacitos avec de la sauce verte ; il en raffolait. Parfois, l'aprés-midi, nous allions en voiture à la plage ou sur la côte entre Palos Verdes et San Pedro. Il s'avançait sur les falaises et restait une demi heure à contempler la mer ou à regarder les vagues se fracasser sur les rochers.(...)" 
Chet Baker à propos de Charlie Parker, dans son auto bio Comme si j'avais des ailes

9/14/2016

Aux couleurs délavées

Cette fille trop maquillée
je suis prêt à parier
que sa peau a le goût
des roses en plastique
aux couleurs délavées
qui marquent aux bords 
des routes quotidiennes
ces endroits où l'on a 
trop pleuré

Kery James - Musique Nègre feat. Lino & Youssoupha [Clip Officiel]

9/13/2016

Braconnier

La nuit
dans sa pirogue amère
en forme de rêve
il remontait le fleuve
de ses amours ratés
le long des berges sales
des souvenirs de femmes
crocodilaient tranquille
la nuit 
dans sa pirogue amère
il avait le pouvoir 
de choisir lesquelles
 épargner

9/11/2016

La chouette de Van Gogh


La chouette de Van Gogh
te regarde avec ses yeux crevés
elle te voit malgré ses yeux crevés
elle te voit grâce à ses yeux crevés
ce sont ses yeux crevés qui savent ce que tu es


9/09/2016

ça patauge dans la lumière

Les yeux lavé
le coeur rincé
en se laissant faire
un long moment
à regarder le gris violet
des banals pigeons
croupions qui trempent
ailes qui battent
nuée de gouttes
au jour qui monte
dans la fontaine
où plus personne
ne s'attarde

9/07/2016

Rien n'est perdu puisque rien n'est à nous


J'écris tout doucement, sur la pointe des pieds, pendant que la nuit dort encore et que les papillons agonisent. J'écris quelque chose qui se lève, malgré la fatigue des vieux chiens, malgré les nuques endolories et l'éclat mat des questions mortes qui sèchent au cul des bolides. Dans le rose du ciel gris Jhéronimus Bosch joue aux dés avec Charlie Claplin. Le hasard baille dans les jacassements d'une pie. La peur est un sniper qui décanille le vide. Ton coeur a une faim de bête. Tous les enfants mangent la mort au petit déjeuner. Ils n'en font qu'une bouché.

9/06/2016

à la force des bras

Il a porté assez de verbe 
à la force des bras
pour que sa viande 
connaisse le poids du vent

9/04/2016

Mon enfance perdue s'ennuie le dimanche

Le crémeux 
un peu dégeu
des jours

les deux pieds 
plus ou moins bien plantés
 dans la compote aux flaques

Un vent 
qui crapule 
le ciel

Des riens 
de mégot  chaud

9/01/2016

Ces drôles de larves

Nous sommes
ces drôles de larves
pondu par l'insecte du vide
dans le corps de l'univers
la lumière l'air la terre
sont les chairs
que pour grandir
nous lui dévorons
les mots sont les excréments
que nous laissons derrière
dans les gouffres creusés
par les mandibules
de nos rires
ses agonies
nous font des guilis


8/31/2016

Jouer à creuser

L'air est lourd. D'une densité spongieuse comme la chair d'abricot. Plus d'herbe, quelques brindilles piquantes, des touffes d'épines, des restes de branchages, des crottes sèches, les aiguillles jaunies décrochées par le vent, quelques pierres de castine et puis la terre qui n'est pas vraiment de la terre, un peu trop grise. Sous les arbres il y a moins de moustiques, moins de moucherons. Besoin de prendre l'air. Ce qu'il en reste. Il y a la pelle à côté du tas de déchets, et puis la pierre qui sert de tombe. C'est le seul coin vraiment à l'ombre. Il pose le nourrisson, soulève la pierre plate, saisi la pelle. L'outil s'enfonce profond, la terre est meuble  en dessous, déjà remuée meme si c'était il y a un moment. Il creuse vite et facilement, sans trop savoir pourquoi, par curiosité peut être, ou pour vérifier. L'enfant, à quelques centimètres de lui, joue à reproduire les même gestes avec un baton. Il arrive vite au bout. Sous la terrre il n'y a rien d'autre que de la terre plus dure, plus noire, et puis quelque chose qui ressemble à deux restes d'omoplates. Sueur sur sa nuque. Un sale goût dans la bouche. Un reste de néant. A côté le petit joue toujours à faire semblant de creuser.