4/23/2017

Aguigui président !


N'est ce pas merveilleux ?

Un papillon
trempe sa trompe
bien au fond
tout au fond
du printemps

les parasites 
habitent 
sous les ailes 
des oiseaux

la plupart du temps 
le vent et la lumière
se tabassent dans les règles

dis merci
à la petite bulle de pue
qui te libère 
de l'écharde

ou plutot non
ne dis rien
finis ton assiette



4/22/2017

CITIZEN COPE pablo picasso

à la poursuite des papillons

(Vladimir Nabokov married fellow Russian writer Véra Slonim in 1925. Here's a photo of them chasing butterflies.)

Nous partirons 
à la poursuite des papillons 
des mouches des vaches 
des asticots
des étincelles qui se cachent 
sous le ventre 
mouillé des choses
du temps 
qui se couche sur le dos
nous partirons 
dans les rayons 
sans bouger
en veillant bien
à ne surtout
rien attraper

4/21/2017

Et doucement la nuit console la nuit

Les hommes trop vieux
ne font plus de cauchemars
leurs songes ne sont plus
que des souvenirs d'enfance
Il arrive par contre que le nouveau-né
hurle de terreur dans la nuit profonde
c'est qu'il se met soudain à rêver
du vieillard qu'il était

jeanne lee - there is a balm in gilead

4/20/2017

Le discours

Cet homme avait des bras dressés dans la bouche. Il parlait dans de grands gestes. Tintamarre de ciel vide. Mistral entre les dents. Le chien à ses pieds. Oreilles couchées. Ses grands yeux mouillés baissés de lassitude ou de honte.

Arno Schmidt - Scènes de la vie d'un faune


La fenêtre à guillotine se rebella en claquant dans son cadre ; le soleil vidait son pus au-dessus de la forêt ; un garçon de ferme bleu labourait la terre gluante. Une herse faisait la harpe (un non-sens absolu, acoustiquement parlant !) : « Êtes-vous bien conscient, Herr Peters, que tout ça peut finir par nous apporter la guerre ? » Mais il n’avait pas connu la Grande Guerre et grattait l’occiput de sa tête dure, l’air buté : « Le Führer ne veut pas la guerre ! »

4/18/2017

L'ultime bataille

Les bourrasques
crépitent d'ombre
pendant ce temps 
le lila déballe 
ses entrailles blanches
hara-kiri d'oiseaux

Brav Feat. Tiers Monde - BAGARRER (Official Clip)

Et puis y a la Frida


 " Ils ont tellement de foutus intellectuels pourris que je ne peux plus les supporter. Ils sont vraiment trop pour moi. J'aimerais mieux m'asseoir par terre dans le marché de Toluca pour vendre des tortillas que d'avoir quoi que ce soit à voir avec ces connards artistiques de Paris…"
Frida kahlo

4/15/2017

Devant la porte de l'instant

Froissements d'ailes de pies en draps de lin. Petit vent qui joue accroupi dans l'herbe. Bâton du jour taillé au canif de sansonnet. Les troncs fument pendant que les escargots mangent les jeunes feuilles du soleil. Enfants mouches jour pot de miel.

LE CAMP DES AUTRES - ALMA - à paraître le 24 Aout 2017

Résumé : Gaspard et son chien s’enfuient dans la forêt. L’enfant a peur, il a froid, il a faim, il court, il trébuche, il se cache. Il est blessé. Un homme le recueille. Qui est ce Jean-le-blanc ? Un sorcier, un contrebandier, un professeur ? Avec lui, et d’autres récalcitrants – ceux de la Caravane à Pépère qui défraya la chronique au début du XXe siècle – Gaspard va découvrir la vie en marchant sur le monde. « Je l’ai gardée au chaud cette histoire qui poussait, qui grimpait en nœuds de ronces dans mon ventre en reliant, sans que j’y pense, mes rêves les plus sauvages venus de l’enfance et le muscle de mon indignation. Alors j’ai voulu écrire la ruade, le refus, le recours aux forêts », explique Thomas Vinau à propos de ce quatrième roman puissant, urgent, minéral.






 LE CAMP DES AUTRES
Thomas Vinau
Éditeur : Alma éditeur

Prix de vente au public (TTC) : 17,00 €
200 pages ; 18,50 x 13,50 cm ; broché
ISBN 978-2-36279-217-5
EAN 9782362792175
Date de parution :
24/08/2017



4/10/2017

La fugitive


(Félix Vallotton Wolken, 1890)


Recroquevillé dans les draps, j'enviais les escargots pendant que l'aube déjà piafante nous cassait du sucre sur le dos. Un matin après l'autre, derrière mes portes sombres, je prenais l'habitude de recueillir la nuit. Traquée par une meute de rosée et d'oiseaux. Toujours essouflée et chancelante. Prête à perdre ses ultimes persévérences d'ombre, elle trouvait un dernier refuge au fond du litre de café amer qui réchauffait mon bol.

4/06/2017

Inna de Yard - Let the Water Run Dry Feat. Ken Boothe

Les pilleurs et le butin

L'horreur et la merveille toujours se tiennent la main. Tantôt c'est une brouette tantôt une poussette que tu pousses à travers les cailloux du chemin. Après l'orage de la nuit les arbres fument dans l'aurore tiède. Tu vois la charogne et les varices de la vieille pendant que l'enfant s'émerveille pareil devant la poule ou le camion-poubelle. Les hommes rient fort et les oiseaux ont faim. c'est la même puissance des ventres qui fait l'amour ou le carnage. Les pilleurs et le butin. Ma tête tourne dans la lumière. l'histoire de la faim est sans fin. Je sais que les poissons peuvent voler et les pirates peuvent pleurer. Parfois je l'oublie. l'enfant me le rappelle chaque matin.

Rencontre Les Nouvelles Hybrides - Jeudi 06 avril 2017 - à 19 h - Bibliothèque de cadenet

4/05/2017

Panaï Istrati, Présentation des Haïdoucs, Libretto


" Reste donc, mais écoute ceci : le haïdouc n’est pas celui-là seul qui va dans la forêt. En ville, parmi les gospodars, on peut être aussi bien haïdouc et révolté que l’homme qui vit « dans le cerveau des monts », mais à condition d’être faux avec les grands et sincère avec les opprimés. Tu sais être fausse et sincère : va donc, tâche d’aller au milieu des loups, hurle avec eux, observe leurs habitudes, connais bien leurs faiblesses et après, tire-leur dans le dos et fais du bien au peuple, venge-le ! Autrement dit, aide-moi ! Tu es plus intelligente que moi, plus fine, plus rusée, et belle femme par-dessus tout. Fais donc comme moi : sacrifie ta jeunesse, comme je sacrifie la mienne ! Le peuple est laid et lâche parce que tout ce qui se lève de son sein devient laid et lâche. Les bons ne se lèvent jamais. Jamais, depuis le Zapciu Janco Jiano et le sluger Judor Vladimiresco, l’un, boïar de cœur, l’autre, paysan de cœur, tous les deux haïdoucs et révoltés, tous les deux traîtreusement assassinés, aucun homme ne s’est levé du peuple que pour mieux l’asservir. Les quelques haïdoucs qui sévissent par-ci par-là ne sont que des révoltés à vue étroite, et on parle d’eux comme de chapardeurs. Ils auraient besoin eux-mêmes d’un chef qui élargît leurs champs d’action. Il faut frapper haut ! Et non seulement les Grecs et les Turcs, mais aussi, mais surtout le boïar roumain. Si on peut excuser l’étranger de sucer le sang de notre pays, comment excuser le gospodar qui se fait l’instrument de l’oppresseur du dehors ? Voilà. J’ai attendu ce jour pour te dire dans quel but je t’ai poussée à apprendre à lire et à écrire, chez Joakime, et dans quel but je l’avais fait moi-même : les livres nous enseignent ce que notre intelligence seule n’est pas capable de nous faire pénétrer. Il faut connaître le passé et le présent, pour savoir quoi désirer dans l’avenir. Travaille donc, pour cet avenir meilleur. On n’apprend pas le grec pour garder les brebis. Fais ce que ta tête te conseillera. Tu es assez maligne. Avec un cheveu de sa chevelure, une femme peut pendre un tyran. D’un doigt posé sur une bouche, elle peut le faire parler ou taire. Sois cette femme-là !"

Panaï Istrati, Présentation des Haïdoucs, Libretto

La part des nuages - Rts - Dernier rêve avant la nuit


 Belle lectures d'extraits de la part des nuages sur la RTS, Merci Carine Delfini !

4/01/2017

La robe de Fréhel

 

Le drap gris de la pluie
que le printemps déplie
est la robe de Fréhel

juchée perchée
sur les caisses à vin
l'heure lourde 
ouvre sa gueule

On la ferme
et on écoute
les larmes tomber