10/22/2017

Combien ça pèse un mot ?

 


 Il y a des paysages dans les livres et des livres dans les paysages. J'en ai quelques uns dans le sac, d'autres dans la tête. Moi qui parle peu je ne me tais jamais vraiment. Il faudrait que j'écrive et que je pense à deux ou trois choses intelligentes à dire pendant les rencontres en librairie qui s'annoncent. Théoriser mon coeur. Mais je préfère couler dans mon siège - place 82, voiture 3, train 5378 - et lire le grand pays du ciel à travers la vitre sale. Je fais finalement l'effort d'écrire ces lignes pour m'en débarrasser. Les mots sont mon principal médium pour recevoir le monde. Piste d'élan, matelas d'atterrissage, salle de désinfection, réception satellitaire. Les mots tout emmêlés de sensations, tout englués d'émotions confuses. La plupart du temps ils réduisent la distance, me rapprochent de la matière glissante, de la langue de la bête dans les sables mouvants. Mais parfois ils m'éloignent, m'encombrent, m'entravent. Je n'en veux plus. Je suis rempli de vous, d'amour et de haine. Vide de mot. Enfin. Une fatigue délicate coule dans mes veines. Une bonne dose d'absence. L'instinct. Le ventre plein du monde. Mes yeux se perdent à l'horizon fuyant, avec peut être quelque chose de la paix d'un chien ou d'une grenouille, d'une mouche ou d'une feuille dans le vent. Je peux enfin me taire.



10/21/2017

Aucune bougie n'éteint la nuit

C'est une petite chaleur fragile que l'on protège au creux des mains pour la passer de l'un à l'autre. Pas plus solide qu'une braise. Pas plus grand que la flamme d'une bougie. Parfois l'obscurité remue. Deux yeux de faim la traversent. Et la peur nous tire un sourire. C'est une petite chaleur fragile que l'on protège au creux des mains pour la passer de l'un à l'autre. La nuit achève toujours les braises. Aucune bougie n'éteint la nuit. La flamme minuscule fait danser l'ombre sur notre peau. Brille le néant. Tellement peu. Déjà tellement.

Orelsan - Tout va bien

10/18/2017

Une connerie du genre

Il doit exister un poème Islandais
ou un conte Inuit
ou un haiku japonais
pour dire ce jaune froid
du jour qui monte
comme des larmes
dans les yeux des hommes fatigués
quelques mots
de neige et de bête
de rhumatisme et d'amour
pour se redensifier les tripes
comme avec du thé
un fruit frais
ou du sang chaud
ça pourrait s'appeler
Le soleil dans la cage à oiseau
une connerie du genre

10/15/2017

LOST - Stupid Game

Rencontres - Le camp des autres - Lyon - Rambouillet

Cette semaine on va retrouver les copains de Vivement Dimanche pour fêter leurs 20 ans à Lyon et puis le lendemain on passera dire bonjour et merci à la librairie Labyrinthes de Rambouillet. Viendez !

19 octobre à 19h: 
rencontre avec Thomas Vinau 
à la Librairie Vivement Dimanche
 à Lyon (69).


20 octobre à 20h: 
 rencontre avec Thomas Vinau
 à la Librairie Labyrinthes
 de Rambouillet (78).

10/14/2017

Ablutions

 

La terre craque. Horizon courbature. Les arbres tout hurlupés se rincent les pieds dans la lumière glacée.  Grandes brassées froides de rayons sur les boursoufflures du visage. Une floppée d'oiseaux se brossent les nuages. Fard à grisaille au bord du ciel. Du sent-bon pour les yeux. Elle se trouve toute mal foutue ce matin. Ce qui est vrai. Ce qui ne ne l'empêche pas d'être belle.

10/10/2017

Le métier de vivre

Les marrons écrasés laissent une farine ensoleillée sur les trottoirs. C'est drôle comme les hématomes accrochent bien la lumière. C'est bien fait cette connerie. Chapeau l'artiste. Aujourd'hui il va falloir que j'écrive à mon grand-père. Et puis que je me désenglue de ma poisse sombre. Voir même que je m'enlève les doigts du cul. Les élans neurasthéniques ont leurs limites. Il va falloir d'ailleurs que j'arrête de lire le journal de Cesare Pavese, le métier de vivre.  Il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte. Tu dois avoir une sacrée estime en ton jugement pour t'autoriser à ce point de ne pas croire en toi. Il va falloir aussi être à la hauteur de ce cadeau que me font chaque jours ceux qui m'aiment. Pourquoi cette expression "être à la hauteur" comme si déjà j'étais en dessous. Ou alors disons être à la auteur. Aux enfants on dit fait ça comme un grand. Disons nous la même chose chaque instant. Il va falloir également arrêter les "Il va falloir". Je préfère tâcher. ça brouillonne mieux. Tâchons donc de goûter dignement la beauté des arbres qui meurent. Comme des grands.

10/09/2017

Revue Métèque n°5 - FRANCE - Parution Octobre 2017


 La Revue Métèque ne renait pas de ses cendres puisqu'elle est une braise. Le numéro 5 vient d'arriver. Il s'appelle FRANCE et se coltine en noir et blanc à nos couleurs. C'est beau et dur comme un matin givré d'octobre. Suivant le jour vous y serez le lapin ou le chasseur. 

Bravo et merci Jean-François Dalle !



Advienne que pourrave !

Pieds par dessus tête

 

Les reliefs
accrochent la lumière
les fissures
maternent l'ombre
escalade
ou dégringolade
l'homme reste un gouffre
qui cabriole

10/08/2017

Aucun brouillard

 

Il semble donc
mesdames et messieurs
que le brouillard
(aucun brouillard)
n'amortisse la peine
par contre sachez
(ça peut servir)
qu'il est possible 
de se réfugier
dans une odeur

10/05/2017

c'est comme ça nanana.


C'était la peine lune je crois, tout le monde a mal dormi, et à six heures et demi dans le noir froid d'octobre tu étais déjà parti. Chaque jour tu nous laisses des petits dessins pour nous dérouiller l'aorte. Double dose de café, il faut du noir et du chaud. Hier soir j'ai fini Amour le film de Haneke, tout seul, tu n'as pas voulu le voir jusqu'au bout. Tu avais raison. Pas parce qu'il était raté mais parce qu'il était réussi au contraire. Le trop beau et le trop juste ça laisse des marques sous la peau. Ce matin je pense à mes grands-parents, les quatre, qui se sont aimés, jusqu'au bout. Il ne reste qu'un morceau de chaque côté, un morceau tout seul dans le vent d'automne. Et moi je suis loin, depuis longtemps, et cette pensée ne sert à rien. Et puis les enfants rient, on est déjà en retard pour l'école, le grand me raconte une blague qu'il vient d'inventer : c'est une petite fille sur une balançoire, elle tombe, tu sais pourquoi, parce qu'elle n'a pas de bras. Mon plus petit enchaîne : c'est comme ça nanana. La vie et la mort courent ensemble dans la cour de récré,  ils ont le rouge aux joues comme les feuilles des arbres. C'est comme ça nanana.

Les poissons dorment les yeux ouverts

djinn-gallery:
“ Georges Méliès - “Éclipse de soleil en pleine lune” ”

Au beau milieu de la nuit 
quand tout finit par se taire
tu peux enfin commencer à entendre
ton propre vacarme

10/04/2017

Rencontre Vendredi 06 et Samedi 07 Octobre, Vienne - Corbas


On se retrouve 
- Vendredi 06 Octobre à partir de 18h à Vienne
 chez les copains de la Librairie Lucioles
 pour parler de mon livre Le camp des autres


- Et puis Samedi 07 Octobre à 10H30 
pour un petit déj Rentrée Littéraire

 

Lil' Charles


Sous le ciel bas et lourd
posey comme une couette
je sirote le syrup
de mon spleen à la paille
soudain le monstre baille
neurasthénie violette

10/02/2017

Comme un lundi

Tes yeux rose-plissé de pivoines séchées. Et les pattes de pie dans la soupe de gris. Lumière brumisateur. La vie se lève dans les feuilles qui tombent. Un cadre mordoré pour la mort en couleurs. Un beau petit cul de frelon dans les fleurs du lierre. Le bitume en bouteille. Cinquante nuances de pisse. Gilets fluo de la dde et du caniche de la vieille. La terre ce marron marron-lisse. Des minots attaquent le monde à mains désarmées la bouche chaude, des crottes de rêves encore tout au bord des yeux. Une poule poupoule le terrain vague. On a du café dans l'iris.  Comment ça va ? Comme un lundi.

Magic Malik Orchestra "Bolly"

10/01/2017

Coupe d'automne

 I expect nothing from you.
Make me happy.

J'ai débroussaillé l'orage
j'en ai les avant-bras
tout déchirés de pluie
et le bout des doigts 
rempli d'épines de nuages
mais ça valait le coup
on y voit plus gris

9/30/2017

Parution : L'aube appartient aux Pies - avec Bertrand Sallé - éditions Motus Octobre 2017


Dans quelques jours une pie à qui nous avons donné la becquée avec amour, Bertrand Sallé, les éditions Motus et moi, s'envolera vers vous, j'espère que vos enfants lui feront une petite place au chaud dans leur bordel !!


9/29/2017

Les oiseaux de passage - Georges Brassens




"(...)
Regardez les passer, eux
Ce sont les sauvages
Ils vont où leur desir
Le veut par dessus monts

Et bois, et mers, et vents
Et loin des esclavages
L'air qu'ils boivent ferait
éclater vos poumons

Regardez les avant
D'atteindre sa chimère
Plus d'un l'aile rompue
Et du sang plein les yeux

Mourra. Ces pauvres gens
Ont aussi femme et mère
Et savent les aimer
Aussi bien que vous, mieux

Pour choyer cette femme
Et nourrir cette mère
Ils pouvaient devenir
Volailles comme vous

Mais ils sont avant tout
Des fils de la chimère
Des asoiffés d'azur
Des poètes des fous
(...)"

jean Richepin

9/26/2017

Le camp des autres - La Provence

Merci à Jean Rémi Barland pour cet article qui vient de paraître dans La Provence

Rencontre Librairie Goulard et Librairie Mot à Mot


 Cette semaine on se retrouve Jeudi chez les amis de Goulard à Aix en Provence et Vendredi chez les amis de Mot à Mot à Pertuis. Viendez !
 
 
 
28 septembre à 18h: 
rencontre avec Thomas Vinau 
à la librairie Goulard 
à Aix-en-Provence (13).
 
 
 
29 septembre à 19h: 
rencontre avec Thomas Vinau 
à la Librairie Mot à Mot 
de Pertuis (84).
 

l'histoire de ce loup ... - Nos cheveux blanchiront avec nos yeux


"Tu vois 
Il y a l'histoire de ce loup 
qui se laisse apprivoiser 
 civiliser 
 et puis il y a l'histoire de ce chien 
qui retourne à l'état sauvage 
 qui se libère dans la forêt 
 et moi je préfère 
 la seconde histoire 
 même si ma vie 
 ressemble de plus en plus 
 à la première."

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux
Thomas Vinau
Alma Editeur 2011
10/18 2012

9/25/2017

Interstellar sa mère !



Hier soir je me suis couché tard
J'ai regardé Interstellar
la fin m'a lourdé mais c'est quand même
un sacré putain de film
j'ai même versé ma petite larme
de père conscient de la perte
qui reste sur nos semelles
comme la crotte du temps
mais ce matin à partir de cinq heures
j'étais plutôt sur le point
d'étrangler mais deux mômes
à mains nues
pour pouvoir me rendormir
à présent je bois un café
dans la bave diaphane de l'aube
en repensant à toutes
ces conneries galactiques
elle me plait bien cette idée
de transpercer l'espace temps
avec un langage binaire
de livres qui tombent
dans la poussière
après tout
on ne fait pas
autre chose
non ?

9/23/2017

Le camp des autres- Le soir - 23/24 septembre 2017


Un grand merci à Pierre Maury pour ce bel article à propos de mon livre Le camp des autres (Alma Editeur) dans le journal Le Soir.